Un teaser avec des œuvres inachevées de Balthus annonce l’inauguration officielle du Musée cantonal des beaux-arts de Lausanne en avril 2019 et anticipe la grande rétrospective de Balthus à la Fondation Beyeler: le grand metteur-en-scène américain Robert Wilson orchestre les trames, d’études et de croquis du peintre et offre à Lausanne une expérience unique qui ne dure que dix jours.

Publié dans Bon pour a Tête le 31 août 2018: LIEN

Dans les sous-sols encore inachevés d’un musée inachevé se dressent les œuvres inachevées d’un des grands maîtres de la peinture contemporaine. Disparu en 2001, Balthus a imprimé son époque d’une figuration mystérieuse qui fige le temps : jeunes femmes lascives, chats immobiles et mise-en-scènes oniriques.

L’homme de théâtre Bob Wilson découvrait l’univers de Balthus dans les années septante lorsqu’il débarquait à Paris de son Texas natal. « Je suis tombé amoureux d’un grand dessin ». Le jeune américain venait de créer la sensation avec ses premières pièces, « Le regard du sourd » (1971, sept heures de spectacle sans paroles) et « Einstein on the beach » (1976, un opéra de cinq heures sur la musique sérielle de Phil Glass).

Une amitié s’ensuivit et les artistes se suivaient de loin en loin. L’année 1993 voyait même la présentation simultanée à Lausanne d’une importante exposition Balthus au MCBA et la production au théâtre de Vidy de « Orlando » par Wilson avec Isabelle Huppert.

Il a fallu attendre l’invitation de Wilson au Grand chalet de Rossinière où Balthus vécut ses dernières décennies pour déclencher le nouveau projet qui vient d’aboutir à Lausanne. Setsuko Klossowska de Rola, la veuve du peintre, était frappé par la ressemblance de l’intensité du regard de Wilson avec celle de Balthus lorsqu’il contemplait les toiles à peine commencées et elle lui proposa d’en faire un projet.

« Quand j’ai vu ces œuvres inachevées, je me suis senti encore plus proche de l’artiste ».

Son intérêt a été saisi par de grands quadrillages (dont plusieurs sont exposées à Lausanne), qui démontrent que « l’artiste avait déjà tout le tableau en tête. »

Tout est dans la structure rappelle-t-il, dans la capacité à utiliser les codes classiques pour bâtir une oeuvre :

« Shakespeare, Mozart et Mies van der rohe sont éternels. Frank Gehry ne sera qu’une note en bas de page. »

Ce n’est pourtant pas une exposition qui accueille les visiteurs du pré-MCBA, mais une expérience immersive élaboré dans l’idée que le classique est intemporel, même quand il est inachevé. Quatre salles se succèdent dans un environnement en dehors du temps, baigné dans un univers sonore et dessiné par la lumière. Wilson donne à l’œuvre de Balthus une nouvelle éternité.

Robert Wilson – Balthus Unfinished

Du 31 août au 9 septembre 2018

Musée cantonal des beaux arts

Plateforme 10 (mcba)
Place de la Gare 16
1003 Lausanne

Robert Wilson – Balthus Unfinished © Chloé Bellemère

 

©Chloé Bellemère

 

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©Chloé Bellemère

 

©Chloé Bellemère

 

©Chloé Bellemère

Michèle Laird, née Haffner, was an international arts administrator (visual arts and theatre), successively in Paris, New York and London, before moving to Switzerland and becoming an arts journalist.

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